Le 2/3 des arbres coupés au soi-disant Québec passent au sciage pour le bois d'oeuvre. Ce bois d'oeuvre, constitué au soi-disant Canada à 88% de SPF, soit d'épinette, de sapin et de pins, qui ont les mêmes caractéristiques mécaniques (résistance à la torsion, etc.), et constitue le bois de construction le plus utilisé pour la construction de bâtiment de moins de 6 étages1. Le bois utilisé pour la construction résidentielle ne sert pas tant à fournir des conditions de vie décentes pour toustes, mais à générer un profit maximal. Cette logique passe par l’augmentation d’un type d’habitation spécifique, soit la maison unifamiliale, qui menant à la transformation de plusieurs localités en banlieues, ce qui encourage une mentalité individualiste. C’est donc là une autre façon d’utiliser le bois pour le profit et l’avancement d'intérêts politiques et capitalistes, sans nécessairement contribuer au bien-être de la population.

L’intérêt pour la construction de maisons individuelles repose sur un projet politique. Pour les personnes qui résident en banlieue, il est commode de croire qu’elles ont acheté leur maison, leur voiture, qu’elles payent avec leurs taxes pour l’entretien des routes et qu’elles payent même pour l’école privée de leurs enfants. Toutefois, le prix de ces maisons unifamiliales est réduit par les subventions données aux compagnies forestières payées par les taxes et impôts de toute la population; les compagnies automobiles sont largement financées par les gouvernements; l’entretien des routes largement partagé avec de grandes populations qui ne conduisent pas (30% de la région métropolitaine de soi-disant Montréal); des écoles privées aussi financées que les écoles publiques par le gouvernement. Le fait qu'une partie de ces populations se bercent dans l'illusion d'une autonomie financière, même si leur biens matériels dépendent de larges investissements de l'État (ne pensons qu'aux milliards de dollars investis dans les ponts qui se rendent aux différentes banlieues) pourrait expliquer ces populations votent majoritairement pour des gouvernements qui coupent dans les services publics.

En outre, la production de bois d'oeuvre ne sert pas à loger les plus vulnérables, mais surtout à promouvoir la croissance de populations soutenant le néolibéralisme par le biais de l'illusion d'indépendance fourni par la propriété individuelle. Il serait donc possible de réduire la coupe de bois de 25%2, puisque justement, l’espace résidentiel utilisé par personne a augmenté de 27% dans les 25 dernières années3. En ce sens, on ne reviendrait pas à l’âge de pierre, mais plutôt à un moment où la crise du logement et de l’itinérance étaient moins sévères. Et il serait possible de réduire bien davantage la consommation de bois car la démocratisation des maisons unifamiliales remonte aux années 1950.


1 Les caractéristiques mécaniques des matériaux déterminent la taille des bâtiments qui peuvent être construits avec ceux-ci. Ce n'est qu'avec le développement de l'usage de l'acier dans la construction vers 1880 que des bâtiments plus élevés comme les grattes-ciels peuvent être construits. Une historique sommaire est présentée sur https://en.wikipedia.org/wiki/Early_skyscrapers .
2 Il est généralement accepté pour l’estimation de coût qu’une quantité fixe de matériaux est utilisée pour chaque pied carré de la taille finale d’une résidence (voir par exemple: https://www.lumber-takeoff.com/blog/how-much-wood-does-it-take-to-build-...). C’est probablement une sous-estimation, puisque les habitations unifamiliales ne possèdent aucun mur partagé avec d’autres habitations.
3 https://www.lesaffaires.com/opinions/crise-du-logement-et-crise-des-piec...