Face à la crise écologique et ses ravages, la CAQ tente de faire accepter ses projets écocidaires sous une stratégie d'écoblanchiment. Le projet d'usine à batteries NorthVolt le démontre parfaitement.

La construction de la méga usine à McMasterville est dans ses étapes préparatoires et vise à détruire 13 hectares de milieux protégés, les derniers refuges pour plusieurs espèces menacées, servant à la nidification et à la migration de 142 espèces d’oiseaux, notamment les hirondelles de rivage, dont la population s’est effondrée de 99% au cours du dernier demi-siècle. La machinerie est en place pour encore 5 semaines pour l'abattage des arbres, avant que les autorisations ne soit données pour la destruction des milieux humides.

Le ministère de l'environnement a déjà bloqué un projet immobilier sur ce même terrain, parce qu'il portait “atteinte à la conservation de la biodiversité”, mais la CAQ n'a pas hésité à modifier la Loi sur la qualité de l'environnement afin qu’une évaluation environnementale, soit un BAPE (un examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement), ne soit plus exigée. En effet, la plus mince évaluation environnementale ne permettrait pas d'aller de l'avant avec le projet de méga-usine. Ces accords en coulisse sont justifiés par les voitures électriques qui pourraient être alimentées par les batteries produites par NorthVolt.

Cependant, cette soi-disant transition vers les voitures électriques nécessite la construction de nouveaux barrages hydroélectriques, car à elle-seule, l'usine goberait 2% de toute l'électricité produite par Hydro-Québec. La production de batteries nécessite aussi des processus dangereux et polluants pour l'extraction, la purification et le transport des minéraux. Par exemple, pour produire 1 tonne de lithium, nécessaire pour les batteries d'environ 100 voitures, 2 millions de tonnes d'eau sont nécessaires. De plus, la production de voitures électriques est plus polluante que celle de la voiture à essence; pour un seul véhicule, 4 tonnes de CO2 sont produites! En plus d'être disponibles en quantité restreinte dans des régions spécifiques, les métaux nécessaires aux batteries requièrent l'ouverture de centaines de mines, dépossédant une fois de plus les Autochtones de leurs terres en les contraignant à l'exploitation au profit des pays coloniaux. NorthVolt s'inscrit donc dans une dynamique capitaliste et coloniale, de croissance infinie et de dépossession locale et globale.

Ces millions de batteries ne pourront être utilisées éternellement et leur recyclage est illusoire, car il empêcherait de faire du profit. En effet, le processus de récupération demande beaucoup d'énergie, émet des gaz à effet de serre et produit une grande quantité de déchets non-recyclables. Actuellement, seulement 5% des batteries de voitures électriques sont recyclées!

 

Ne nous laissons pas berner par NorthVolt et son écoblanchiment! Luttons contre le mode de vie basé sur la voiture qui aggrave l'atomisation sociale et la surproduction! À bas la culture du char!

Rage climatique invite tous les groupes et individus à organiser des actions de perturbation qui confrontent directement NorthVolt et l'État qui le finance. S'opposer à NorthVolt, c'est prendre action contre l'impérialisme, le colonialisme et les catastrophes écologiques locales et globales. C'est aussi lutter pour une transformation sociale qui implique de repenser l'aménagement urbain et les modes de transport.

Tant que l'usine n'est pas complétée, les milliards de dollars utilisés pour construire l'usine ne peuvent produire de profit. Toutes les actions qui peuvent ralentir la construction peuvent mener à l'abandon du projet, car les marges de profits sont toujours minces, alors que les dépassements de coûts et de délais de construction sont à prévoir. Il s'agit d'un moment stratégique pour agir pendant qu'il est encore temps.